Sissinghurst, le jardin blanc

Un voyage récent dans les jardins anglais m’ont fait découvrir ce légendaire jardin blanc à Sissinghurst.  Univers immaculé, articulé autour de blanc, de feuillage gris-bleuté et de vert, ce jardin s’est en fait révélé être plus petit que l’idée que je m’en faisait.  Par contre, le bonheur de me promener dans ses allées mythiques et de profiter des floraisons estivales furent une expérience incroyable.

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Vue depuis le sommet de la tour

Les roses étaient encore en fleurs, et c’était là l’une des choses auxquelles je tenais le plus.  Pouvoir admirer ce magnifique rosier blanc trônant au centre du White Garden

Avant de se plonger dans ce jardin, petit résumé historique.  Ce domaine, un manoir de style élisabéthain datant du 16ème siècle, fut acheté quasiment en ruine en 1930 par Vita Sackville-West, poète et écrivain, et son époux diplomate Sir Harold Nicolson.  Harold dessine les grandes lignes du jardin et Vita commence immédiatement l’aménagement des jardins et les plantations. Le lac est creusé en 1931 et en 1938, le jardin ouvre pour la toute première fois ses portes au public, deux jours par an.  C’est en 1940 qu’il ouvre au public de façon quotidienne. Après la mort de Vita en 1962, le National Trust reprendra les rennes du domaine en 1967.

Mais revenons à ce rosier qui capte tous les regards au centre du jardin blanc. Il s’agit de Rosa mulliganii, un rosier exubérant courant sur une structure que Nigel Nicolson, le fils de Vita, avait conçu en jouant avec des trombones (pour la petite histoire).  La structure apparaît légère au-dessus de notre tête.  Tout un travail que d’y conduire les branches du rosier en toute uniformité.

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Il y avait à l’origine quatre de ces rosiers. Trois d’entre eux furent enlevés car ils étouffaient de par leur vigueur d’autres plantations et le dernier rosier fut alors installé au centre du jardin dans les années 70.  Je viens de lire qu’un jeune rosier a été planté récemment pour prendre le relai de son grand frère.  Nous ne l’avons pas remarqué lors de notre visite.

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Utiliser uniquement le blanc comme floraison permet d’avoir son attention plus attirée par les textures, les feuillages, les détails qui parfois en d’autres circonstances passent inaperçus. Cependant, en cherchant bien, on y trouve des nuances colorées, comme le spectaculaire Lilium regale.  J’en suis tombée amoureuse…

Ces fleurs au parfum envoûtant étaient disposées un peu partout dans le jardin.  Selon mes lectures, Vita en planta en 1934 plus de 600 !  Pouvez-vous imaginer le spectacle et le parfum que tout cela devait représenter !

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Stachys byzantina, Artemisia, le très parfumé Dianthus ‘Mrs. Sinkins’, Eremurus, Onopordum, Crambe, Stachys lanata, Cineraria maritima, Delphinium, Gypsophila ‘Bristol Fairy’, Veronica, Rosa ‘Iceberg’, Pyrus salicifolia pendula, parmi tant d’autres, sont mis en scène dans ce jardin.  Le rouge brique des sentiers ressort bien tout en étant en harmonie avec le végétal.  Rien n’est laissé au hasard.

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L’imposante et mythique tour est visible de pratiquement tous les jardins.  Après avoir pris un escalier en colimaçon au pied de la tour, l’arrivée au sommet nous dévoile une vue impressionnante sur les différents jardins.

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De petites haies de buis font la structure de ce jardin blanc, apportent la couleur verte voulue et servant de soutien aux vivaces plantées dans les parcelles.

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Nous sommes ici tout au bout du jardin blanc, près d’une charmante pergola qui faisait office de salle à manger extérieure, où court une glycine blanche, Wisteria venusta et le rosier ‘Mme Alfred Carrière’.  Tout près aussi de la Priest’s House.  On y aurait bien pris notre lunch !

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Pour ceux qui souhaitent se plonger plus en détails dans le travail de création de Vita Sackville-West, je recommande ce livre (en anglais).

Il retrace tout le parcours jardinier de Vita depuis l’achat de la propriété, incluant ses pensées, ses essais au jardin, ses échecs aussi, le tout agrémenté de photos d’époques. J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

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Nous quittons ce magnifique endroit par cette arche, nommée The Bishop’s Gate.  On l’appelle ainsi car sur la gauche (on l’aperçoit en partie) se trouve une pierre ornementale fichée dans le mur où sont gravés des silhouettes d’évêques orientaux. Sir Harold Nicolson, le mari de Vita, l’avait ramenée de Constantinople dans les années 1920.

J’espère avoir pu vous transporter quelques instants dans ce fabuleux endroit !

 

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6 réflexions sur “Sissinghurst, le jardin blanc

  1. Heubrecq

    Bravo à l’envoyée spéciale du jardin « A la Croisée des Mondes ». Belles photos et commentaires ad hoc! Merci d’avoir partagé!

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  2. sophie

    Et bien, tes photos me laissent sans voix: j’imagine ce que cette visite a pu provoqué comme émotions.
    Que d’harmonie et d’élégance!
    All is perfect!
    Merci betty de nous faire partager ces beaux moments.

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