Cerisiers en fleurs

Le printemps n’est pas annulé ou reporté… Il est même bien présent, les feuillages débourrent, les floraisons se succèdent et voici donc le temps des Prunus, des cerisiers à fleurs !

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Prunus x subhirtella var. automnalis rosea est le tout premier à fleurir au jardin. Et pour cause : il commence sa floraison en automne, vers le mois d’octobre ou novembre, lorsque le temps est encore doux. Sa floraison s’étalera durant tout l’hiver s’il n’y a pas de gel. S’il gèle par contre, un peu de patience et dès le retour d’une période plus douce, une nouvelle floraison apparaîtra et ce jusqu’en mars. Il a donc tout à fait sa place dans un jardin d’hiver ou près de la maison pour en profiter au maximum.

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Ce cerisier plein de charme originaire du Japon devient un petit arbre d’un hauteur de 5 mètres au port évasé. Celui planté au jardin est encore jeune et ne demande qu’à s’épanouir… Il a bien sûr besoin de soleil comme tous les cerisiers. Ses nuances de rose clair sont d’un grand raffinement. Je lis dans le livre ‘Cerisiers du Japon’ de Franck Sadrin que le nom de ce cerisier en japonais ‘jugatsu-zakura’ signifie cerisier du dixième mois, en référence à sa floraison automnale.

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Autre valeur sûre, c’est Prunus mume ‘Beni-Chidori’. Le Prunus mume est en fait un abricotier du Japon qui fleurit fin février, début mars et offre des fleurs d’une couleur absolument incroyable, un rose très intense, visible de loin. Il a maintenant terminé sa floraison, les photos datent de fin février.

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J’ai planté ce cerisier il y a tout juste un an, au bord de la terrasse pour profiter, en plus de ses fleurs précoces, de l’ombre estivale fournie par sa ramure. Il est considéré de petite taille, mais est malgré tout annoncé à 4 mètres de hauteur pour environ la même envergure. Il a besoin d’un sol drainé et comme le cerisier présenté précédemment, vu la précocité de leurs floraisons, on essaiera de les planter à l’abri des vents hivernaux de façon à ne pas compromettre cette si belle floraison. Je suis ravie de sa croissance durant cette première année, les branches ont déjà pris environ 50 cm !

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Il y a ensuite celui acheté ce matin chez Benoît Choteau, la pépinière de référence pour notamment les cerisiers du Japon et autres cerisiers ornementaux. Cela faisait trois semaines que sa floraison me trottait dans la tête suite à une visite précédente à la pépinière. Prunus campanulata ‘Felix Jury’ et ses jolies fleurs en forme de clochettes bien pendantes et d’un rose soutenu absolument magnifique a été planté au jardin ce jour ! Vivement qu’il grandisse…

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Une petite précision concernant ce cerisier : il est résistant au froid jusqu’à -12 degrés maximum, il vaut mieux le savoir avant de partir à sa recherche. J’ai lu que les Prunus campanulata sont originaires de Taiwan, région plus chaude, mais le cultivar ‘Felix Jury’ a été sélectionné comme étant celui qui résiste le plus au gel dans les campanulata. Sa floraison a lieu en même temps que l’apparition d’un feuillage vert clair, ce qui met bien la couleur des fleurs en valeur.

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Passons ensuite au dessert avec les amandes en devenir du Prunus dulcis ‘Robijn’. En effet, cet amandier est tout d’abord un arbre fruitier car ce cultivar donne de délicieuses amandes. Mais sa floraison n’est pas mal non plus ! Planté l’an dernier (voir l’article ici), il a vraiment bien prospéré pour sa toute première année au jardin !

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La photo a été prise il y déjà deux semaines, en début de floraison. ‘Robijn’ est en ce moment absolument couvert de fleurs et j’espère que les premiers bourdons et autres insectes butineurs l’ont bien repéré et font leur ouvrage consciencieusement.

Un autre cerisier va bientôt fleurir, appartenant à la famille des persica, dont la floraison succèdent aux mume; ses bourgeons commencent à s’ouvrir, on en reparle très vite !

On se quitte avec une dernière photo du petit nouveau, Felix, juste pour le plaisir des yeux…

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Hellébores, un autre regard

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Les hellébores, ce sont aussi des plantes à beaux feuillages si l’on ose emprunter les chemins de traverse, là où j’aime m’aventurer.  Cette feuille n’est-elle pas tout un spectacle par elle-même ?

Ce feuillage bleu argenté me ravit, il apporte beaucoup de lumière et est un véritable complément à la fleur, plutôt petite, que voici.

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Helleborus x sternii ‘Silver Dollar’, car c’est son nom, nous offre sa floraison depuis plus d’un mois. Les fleurs se succèdent, et une fois fanées, restent très décoratives puisqu’elle perdurent durant la fructification en prenant de jolies teintes vieux rose, assorties au pourpre des tiges.

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On la plantera dans un sol bien drainé et en situation abritée.  Plusieurs exemplaires de cette petite merveille forment un petit massif dans le jardin d’hiver Fire & Ice, à proximité des bruyères rose.

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Autre type de feuillage de toute beauté offert par les hellébores, voici celui veiné de Helleborus lividus ‘Pink Marble’.  Pris en photo hier juste avant que le soir ne tombe; les clichés manquent de lumière.  Variété tout récemment plantée, je dois avouer que j’ai foncé lors de l’achat sans me renseigner au préalable sur qui croisait ma route.

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La variété lividus s’avère peu rustique et je l’ignorais.  Pas grave, on essaie et on verra. J’ai quand même choisi un endroit de plantation le plus abrité possible au jardin et bien évidemment un très bon drainage. Dommage pour son manque de rusticité car sa fleur est si délicate. Wait and see…

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Il y aussi Helleborus nigercors ‘Ivory Prince’, planté depuis une dizaine d’années et que j’ai déjà divisé plusieurs fois.  Il a survécu à deux hivers terribles où le jardin a flirté avec les  -16 et -18 degrés.   Un coriace, donc.

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Au final, je me rends compte que je ne suis pas très attirée par les hellébores orientaux, dont le feuillage ne m’a jamais vraiment plu et qu’il faut couper lors de la floraison pour éviter les maladies.

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Et puis, il y a bien sûr la belle Anna’s Red, qui est mon coupe de cœur absolu, planté il y a deux ans et à qui j’ai dédié un article ici : La belle ‘Anna’s Red’.  Les pieds se sont déjà très bien étoffés !

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Côté lecture, je ne peux que recommander ce très beau livre en anglais, extrêmement complet, sur le sujet : Hellebores, a Comprehensive Guide de Burrell & Tyler, aux éditions Timber Press.  Acheté cet hiver, il m’accompagne ce dimanche alors que dehors, la tempête Dennis sévit...

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Beautés arachnéennes

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Leurs longs pétales en filaments ne font fuir personne, bien au contraire ! Nul ne reste indifférent à la beauté des hamamélis, qui sont en pleine floraison pour le moment.

Il n’y en a que deux au jardin (c’est un début !), plantés bien sûr dans le jardin d’hiver Fire & Ice, où ils attirent le regard au milieu des perce-neige, hellébores et conifères nains.

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Le tout premier qui fut planté il y a maintenant un an et demi est Hamamelis x intermedia ‘Jelena’.  Une merveille et je pense mon préféré ! Ce cultivar remporte tous les suffrages de par ses nuances de couleurs aux reflets cuivrés. Fleurs au cœur bordeaux foncé, d’où s’étendent de longs et fins pétales en dégradé d’orange. Son port est très étalé et ses fleurs parfumées.

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Le second est très différent, aux pétales bien plus courts; il s’agit de Hamamelis vernalis ‘Amethyst’, planté il y aura tout juste un an pour sa jolie floraison pourpre clair.  Le port du vernalis est en gobelet et c’est son intérêt par rapport à l’intermedia, au port plus étalé.  Le vernalis est aussi plus résistant que l’intermedia. Par contre, il peut rejeter du pied.  ‘Amethyst’ fleurit un peu plus tardivement que ‘Jelena’.

La floraison de l’hamamélis dure un bon mois et tient bon face aux caprices de la météo hivernale.  En choisissant différents cultivars dont la floraison se succédera, on peut ainsi couvrir une période de floraison allant de janvier à mars.  Voilà qui est intéressant.

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C’est au soleil que je préfère sa couleur… un coup de cœur.

Les hamamélis demande un sol drainé et légèrement acide. Le feuillage rappelle furieusement celui des noisetiers et prendra en général de belles teintes automnales.

Voilà, on a fait le tour de ce qui est visible en hamamélis au jardin pour le moment. C’est un peu court, me direz-vous… sauf que…

La promenade des hamamélis se tient en ce moment à l’arboretum de Kalmthout et ce fut l’occasion il y a deux semaines d’admirer ces beautés tout en profitant d’une visite guidée qui a duré 2h30 au lieu d’une heure ! Nous étions comblés…  Je vous conseille cette visite guidée : notre accompagnatrice au français impeccable nous a distillé toutes les anecdotes possibles sur la famille De Belder et leur histoire, l’évolution de l’arboretum, comment Jelena et son époux Robert ont fait le choix de certains noms de cultivars, comment est apparu ‘Sister Jelena’ sur le marché.  Bref, de petites histoires sympathiques que tout amateur prend plaisir à écouter.

C’est là que j’ai appris également que les parfums diffèrent selon les hamamélis.  Les intermedia offrent par exemple un parfum plutôt citronné et frais, alors que le parfum d’un vernalis sera plus sucré.  Il faudra aussi de la patience pour profiter pleinement de ces senteurs car les hamamélis grandissent très lentement.  Ils sont vendus principalement greffés (sur H. vernalis ou H. virginiana) et il vaut mieux vérifier régulièrement que le porte-greffe ne rejette pas au pied, surtout s’il s’agit de H. vernalis. Dixit notre guide.

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Hamamelis x intermedia ‘Böhlje’s Feuerzauber’ était juste magnifique dans l’arboretum.

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C’est lorsque le soleil apparaît au milieu des nuages que les hamamélis irradient.  Ici Hamamelis x intermedia ‘Ruby Glow’, que l’on trouve plutôt facilement en pépinière.

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Le jaune citron ou plus doré, toutes les teintes orangées et cuivrées, le bordeaux, le rouge se déclinent en 118 cultivars que propose l’arboretum.  Il s’agit de la plus grande collection d’hamamélis en Europe accessible au public.  Le spécialiste anglais en hamamélis Chris Lane en possède 125, mais sa collection reste privée et non accessible au public, toujours selon notre guide.

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Hamamelis x intermedia ‘Robert’

L’hamamélis prend vraiment son temps pour se développer, raison qui justifie son prix à l’achat car les plantes ont déjà quelques années avant de pouvoir être commercialisées.

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Cependant, la mode est passée par là et l’on peut trouver à présent ce port plus fastigié, comme sur la photo ci-dessus de Hamamelis x intermedia ‘Livia’.  La plante a été formée, taillée pour obtenir un port plus colonnaire.  Personnellement, je préfère sans aucune hésitation le port naturel, mais il faut avouer que cette taille de formation permet aux petits jardins d’accueillir malgré tout un hamamélis.

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Hamamelis japonica x vernalis

Si vous êtes tentés, la pépinière Le Try à Ottignies, tout voisine, est spécialisée dans les hamamélis, vous y trouverez certainement votre bonheur !

Le cyclamen coum

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Pour magnifier le jardin en hiver, nous pouvons bien sûr accueillir des feuillages persistants, de belles écorces ou encore des bois colorés, mais également de jolies floraisons, et ce en plein mois de janvier.

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Au premier regard, on pourrait croire que ces fleurs sont destinées à nos intérieurs, mais il n’en est rien.  Le Cyclamen coum (surnommé cyclamen du Caucase ou cyclamen de l’île de Cos) a bien sa place dans nos jardins.

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Très rustique puisque résistante à -15 degrés sans aucun problème, cette jolie plante vivace tubéreuse fleurit en ce moment-même.

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Côté plantation, ces cyclamens demande une terre légère et légèrement acide et une ombre légère en été.  L’endroit idéal est donc au pied des arbres, qu’ils viendront habiller durant l’hiver.  Ne pas planter les tubercules trop profondément, au risque de les voir pourrir.  Car oui, c’est l’humidité stagnante du sol qui sera leur principal ennemi.

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J’ai acheté ceux-ci en pots afin de bien choisir non seulement la couleur des fleurs, mais aussi le feuillage de forme arrondie, dont la beauté ne doit vraiment pas être sous-estimée. Feuillage gris bleuté ou aux marbrures argentées et contrastées, le choix est bien présent.

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Les deux variétés choisies, un rose magenta et un rose très pâle, ont été installées dans le jardin d’hiver Fire & Ice, respectivement au pied de l’Acer griseum et de l’Acer palmatum ‘Sango Kaku’.

Une fois établis, on les laisse vivre leur vie sans plus y toucher durant plusieurs années. Ils n’apprécient apparemment pas d’être transplantés. Ils se feront invisibles durant l’été quand ils rentreront en dormance et c’est là qu’il ne faudra pas les oublier en les arrachant par mégarde.  Il formeront au fil du temps de beaux tapis fleuris.

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Quelle délicatesse dans les pétales, ce cyclamen est vraiment un must au jardin en hiver !

Métamorphoses

J’aurais pu également choisir comme titre « Fire & Ice : Phase 2 », mais la sonorité et la définition de ce mot ‘métamorphoses’ me plaisent beaucoup.  Car oui, le jardin d’hiver est en train de s’agrandir…

En ce dimanche où les jours vont bientôt rallonger, je peux dire que le solstice d’hiver constitue une passerelle vers un nouveau départ.  J’aime assez !

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En premier lieu, je suis en train de faire disparaître la grande bordure d’alchémilles mollis qui longe l’allée de l’entrée.  Elle a fait son temps, elle m’a rendu service pendant dix ans, mais elle ne cadre plus avec le style vers lequel cette partie du jardin se dirige.

Il s’agit là d’un sacré travail, que j’exécute petit à petit, car l’alchémille est une plante aux racines plutôt coriaces et il ne faut pas en laisser dans le sol, sous peine de la voir pousser à nouveau.  Je suis arrivée à la moitié de la tâche, soit environ 12 mètres de bordures arrachées, et dès que la météo et mes congés le permettront, je reprendrai les séances d’arrachage.

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En plein milieu de cette bordure, j’ai déjà effectué quelques plantations, que l’on discerne à peine.  Au milieu, un beau Nyssa sylvatica à trois troncs, ramené de la pépinière de Kalmthout, est venu prendre place.   Je reparlerai de cet arbre aux couleurs magnifiques le printemps prochain, lors du débourrage de son feuillage.

Tout à droite, mais hors cadre, j’ai enfin trouvé (grâce à l’aide précieuse de mon amie-jardin F., que je remercie !) le Liquidambar styraciflua ‘Naree’.  Patience pour les premières photos…

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Les Cornus sibirica ‘Midwinter Fire’ portent vraiment bien leur nom.  On ne voit qu’eux à gauche lorsque le soleil s’y reflète (ou pas !).

Lors de l’abattage des bouleaux, fin décembre 2017, qui marque le début du remaniement complet de cette zone (voir l’article à ce sujet ici). j’avais laissé en place ce grand laurier-cerise, pris à l’époque dans les bambous et finalement apportant de l’ombre aux jeunes plantations à sa gauche.  Mais il temps d’embrayer et de passer la vitesse supérieure !

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Cette semaine, j’ai fait table rase et le laurier-cerise a été abattu.  Il me reste à déplacer toutes les branches près du garage et à les broyer; travail en cours…

J’aime la vue du jardin d’hiver sur cette photo.  Les rameaux nus colorés des arbustes apportent de la lumière et la haie de hêtres de mes voisins ne pouvait pas mieux tomber comme fond de massif car elle aussi apporte beaucoup d’éclat et d’harmonie à l’ensemble.

Avez-vous remarqué que j’ai écrit « métamorphoses » au pluriel dans le titre ?

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En voici la raison. Tout contre la maison à l’arrière, trois vieux hêtres ont été démontés début novembre, constituant une entreprise assez ardue car ils étaient si proches de la maison, à peine quelques mètres.  Tout s’est très bien déroulé grâce à l’intervention de Nicolas Rijs.  Ces hêtres étaient touchés par la maladie, comme le sont nombre d’entre eux malheureusement dans nos régions, et également abîmés par le soleil.  Une décision difficile mais vraiment nécessaire, il ne fallait plus trop traîner.

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C’était donc début novembre.  Depuis, j’ai terminé de ranger les 40 stères de bois (il n’en fallait vraiment pas plus !), et l’an prochain, je pourrai envisager la suite de l’aventure…

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« On ne peut rêver que si l’on a les pieds sur terre.  Plus les racines sont profondes, plus les branches sont porteuses. »

                                                                                   Juliette Binoche

Sous le givre

A trois ou quatre reprises depuis le début de l’automne, les températures sont descendues sous zéro, à peine de quelques degrés, mais c’est ce samedi matin que le givre matinal, associé à un soleil étincelant, a déposé ses diamants sur les feuillages et fleurs au jardin.

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Spiraea japonica ‘Magic Carpet’ a bien été saupoudrée…

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Les roses de Louis Lens sont toujours en fleurs en ce moment… Ici ‘Heavenly Pink’, un must au jardin, tellement florifère.

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En tournant autour de Hydrangea arborescens ‘Invincibelle’ pour obtenir la plus belle lumière possible, j’ai trouvé ‘the place to be’ !

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Telles des roses en sucre fondant, les boutons du rosier ‘Bonica’ donnent envie de les croquer !

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Bien que sa floraison soit terminée, Abelia grandiflora continue d’attirer le regard grâce à ses bractées rosées.

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Les premières fleurs de Viburnum bodnantense ‘Dawn’, sont en train de s’épanouir.

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Le feuillage du rosier ‘Olivier’s Dream’ déborde de santé !

Gel novembre

Et last but not least, le rouge bordeaux du Ligustrum obstusifolium regelianum est mis en valeur par ce saupoudrage hivernal.

Mais l’automne n’a pas encore tiré sa révérence…

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« It is always the simple that produces the marvelous »

                                                                    Amelia Barr

The Beauty of Decay

Depuis ce matin, la pluie s’est installée, mais sans s’y acharner, sur le jardin. Les feuilles en habits d’automne sont maintenant détrempées et ne vont pas tarder à tomber, aidées par le froid et les deux gels nocturnes que l’on a connus cette semaine.

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Dans le jardin d’hiver Fire & Ice, le massif de Cornus sanguinea ‘Midwinter Fire’ est bien visible de par son feuillage doré. Il ne reste plus qu’à attendre la chute de ses feuilles pour que le bois coloré se dévoile.

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Près de la terrasse, l’Acer palmatum ‘Orange Dream’, qui a été déménagé vers un emplacement moins ensoleillé, a été remplacé l’automne dernier par un Ligustrum obtusilianum regelianum, qui à terme va apporter de la structure à l’endroit de par son port et un travail de taille régulier. Son feuillage est de toute beauté en ce moment. Du pourpre, du violet foncé, cet arbuste est vraiment prometteur. J’en reparlerai plus en détails dans un prochain article.

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L’Heptacodium miconioides ‘Tianshan’ est toujours en fleurs en ce 1er novembre et de toute évidence, l’automne n’a pas d’emprise sur son feuillage, du moins pas encore.

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La preuve qu’il n’est pas indispensable d’avoir des fleurs pour avoir de la couleur au jardin ! Le rose de l’Acer palmatum ‘Marlo’ s’intensifie de jour en jour, jusqu’à ce que le cours de l’automne ne le rattrape… A son pied, Pennisetum alopecuroides ‘Hameln Gold’ déploie ses écouvillons. Je devrai déplacer ce mois-ci l’azalée à sa gauche, qui vivote car pas satisfaite de cet endroit, et diviser en février prochain la touffe de pennisetum.

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Je crois n’avoir pas encore parlé du tout de cet arbre, planté tout petit l’hiver dernier, mais qui a déjà doublé de hauteur en une saison. Ulmus parviflora ‘Jacqueline Hillier’ est un orme au port particulièrement tortueux et aux très petites feuilles bien nervurées. Une belle découverte. Je viens de lui faire sa toute première taille de formation afin de dévoiler tout doucement le tronc. A suivre…

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Le feu s’installe également dans les sumacs de Virginie. A l’avant-plan, Rhus typhina ‘Dissecta’ au feuillage plus découpé, a des couleurs plus orangées et contraste avec l’Osmanthus heterophyllus ‘Goshiki’ qui ne devrait plus tarder à fleurir si tout va bien.

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Ambiance de saison… L’automne est bien là, qu’on le feuille ou pas 😉

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Voici une des curiosités du moment au jardin. Il s’agit d’un arbousier, plus précisément Arbutus unedo ‘Compacta’.

Malgré son petit nom ‘Compacta’, il faut garder à l’esprit que cet arbousier va culminer à 2m50, voire 3m de hauteur. Il est bien ramifié et montre une particularité au niveau de sa mise à fruit. Les fleurs (première photo dans la mosaÏque, et je m’aperçois que la photo doit faire un quart de tour dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) apparaissent la première année sous forme de grappes blanches qui rappellent selon moi les fleurs des pieris, et ce n’est que durant la seconde année que la fructification se fera pour donner ces fruits originaux, d’abord verts, puis jaunes et enfin rouges. Résultat : l’arbuste porte en ce moment-même aussi bien des fleurs que des fruits. Les fruits sont comestibles, on peut en faire des confitures et il existe aussi des bonbons à l’arbousier. On comprendra donc qu’on le nomme également l’arbre à fraises.

Du soleil et un sol bien drainé sont nécessaires pour réussir cet arbuste et bien qu’il soit originaire du sud de l’Europe, on le dit résistant à -12 degrés sans problème.

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Bien qu’absent dans le ciel ce jour, le soleil est présent dans les feuillages de certains érables…

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A l’avant-plan, Rosa ‘Alden Biesen’ continue inlassablement de fleurir et sa fructification se fait de plus en plus visible. Au fond, les sumacs explosent de bonheur… et moi aussi…

Les prémices de l’automne

Nous n’y sommes pas tout à fait en automne; les couleurs flamboyantes ne sont pas encore présentes dans les arbres qui entourent la maison. Néanmoins, certains signes ne trompent pas et le jardin prend doucement des allures où la mélancolie et la flamboyance s’entremêlent intimement.

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Dans le massif Purple Paradize, le feuillage de Azalea ‘Corneille’, plantée ce printemps, est juste incroyable. Un beau pourpre, une belle surprise en fait car je ne pensais pas que le feuillage automnal allait avoir ce rendu si agréable au regard. J’aurai l’occasion de parler de cette azalée de Gand plus en détail au printemps prochain, quand elle sera en fleurs, mais l’on peut déjà en dire qu’elle a parfaitement résisté à la canicule de cet été : les feuilles ont impeccablement tenu le coup face au soleil brûlant.

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Avant d’aller voir ce qui se passe dans le jardin d’hiver Fire & Ice, voici deux photos du massif Woodland Walk, où enfin les bords du gazon semé l’automne dernier ont été découpés selon leur tracé final. Impossible de réaliser ce travail cet été vu la sécheresse du sol. Les bords ont été tracés avec une corde, il s’agit là d’une activité à ne pas sous-estimer car les courbes doivent être agréables à l’œil, bien fluides. La demi–lune a fait son œuvre et la bêche a suivi pour scalper les parties débordantes de la pelouse. Il ne reste plus qu’à venir ajouter du broyat pour bien recouvrir la terre, il s’agira d’une de mes occupations de novembre probablement.

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Invitation à la promenade… J’arrive…

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Voici un de mes chouchoux, le Taxodium ascendens ‘Nutans’, conifère aux aiguilles caduques. On connaît le taxodium pour ses couleurs automnales flamboyantes, mais aussi pour une particularité : ses pneumatophores. Mais qu’est-ce donc ? Vous irez voir cela sur internet en images, il s’agit de protubérances racinaires qui aident l’arbre à respirer lorsqu’il est planté dans ou tout près de l’eau. On pourrait donc croire qu’il a besoin d’être planté en bordure d’eau, sauf que… ce n’est pas obligatoire et un sol frais peut aussi convenir à ce magnifique résineux. Il ne fera alors pas de pneumatophores et vivra sa vie tranquillement. Planté en décembre dernier, je ne l’ai pas choisi trop petit pour qu’il ait dès que possible une certaine présence au jardin. D’autre photos en d’autres saisons suivront, mais voici déjà l’orange automnal qui s’installe un peu partout dans la ramure. Un spectacle qui va évoluer au fil des jours et des semaines à venir, jusqu’à ce que le conifère perde ses aiguilles et offre une vision de lui-même plus dramatique. Affaire à suivre…

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Dans le massif Fire & Ice, les festivités hivernales se préparent doucement. J’ai beaucoup planté dans cette plate-bande cette année, et les couleurs des feuillages persistants et des bois et écorces remarquables sont bien présentes.

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J’ai enfin trouvé des Bergenia ‘Bressingham Ruby’, un cultivar dont les feuilles virent au bordeaux intense en hiver. J’en ai planté une bonne dizaine au pied du Betula nigra ‘Heritage’. Entre les bergenias ont été plantés et dorment en ce moment une centaine de bulbes de perce-neige. Il ne reste plus qu’à patienter encore quelques mois…

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Cet été, en visitant les jardins de Wisley, j’ai pu admirer cette magnifique association de Juniperus squamata ‘Blue Star’ et de Erica arborea ‘Albert’s Gold’. Il me fallait absolument retrouver cette scène au jardin. J’ai ramené d’Angleterre une première bruyère, la grande en arrière-plan de la photo et par la suite, j’ai pu en trouver deux autres ici en Belgique. Résultat : une association tout en fraîcheur. Tout doit bien sûr grandir, mais en multipliant le nombre de plants de chaque espèce (trois de chaque ici), la scène est déjà agréable à regarder.

Je dois avouer qu’en ce moment, il m’est impossible par manque de temps d’évoquer toutes les particularités des plantes présentées ici, mais on y reviendra cet hiver, quand le quotidien aura repris un cours un peu plus tranquille.

2019-10-19

Une dernière mosaïque pour clôturer cet article et peut-être vous faire découvrir un photinia un peu spécial. Car oui, il s’agit bien d’un photinia, bien différent du photinia x fraseri que l’on connaît tous. Son nom est Photinia davidiana ‘Palette’. J’ai eu un coup de cœur pour ses panachures si particulières et les tons de rose, de saumon et de crème illuminant l’arbuste durant toute l’année. Il s’agit d’un arbuste aux dimensions modestes pour un photinia, puisqu’il ne devrait pas dépasser une fois adulte les 2,5 mètres de hauteur environ et un peu moins en largeur. Il fleurit en été, mais je n’ai pas eu l’occasion de prendre des photos. Originaire de Chine et du Vietnam, son feuillage a très bien résisté au soleil intense de cet été et ce n’est pas peu dire car il est on ne peut plus exposé. Prévoir un bon drainage à la plantation dans un sol légèrement acide, tailler légèrement au printemps et il apportera beaucoup de lumière dans le massif où les verts sont fort présents.

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« Viens, on met les voiles, on part camper sur les étoiles »

Attirances

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Pas de signe visible de l’arrivée de l’automne; les verts sont encore bien présents au jardin.  Pourtant, ça et là, quelques feuilles commencent à tomber; les arbustes en fleurs actuellement ont des floraisons tellement présentes, comme une dernière séance où l’artiste se donne à fond.

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Les roses donnent le maximum d’elles-mêmes, attirant notre regard.  Petit florilège de quelques variétés au jardin : ‘Alden Biesen’ (qui nous gratifiera ensuite d’une magnifique fructification), le délicat ‘Blush Noisette’, ‘Bonica’ (surnommé le rosier du débutant tellement il est facile de culture), ‘Summer Song’ (auquel je tiens beaucoup pour les souvenirs qu’il m’évoque) et ‘Guislaine de Féligonde’ (un grand classique qui se doit d’être planté dans tout jardin).

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En face de la veranda, l’Acer palmatum ‘Marlo’ a poussé de façon extraordinaire cette année, plus que les années précédentes.  Il s’agit d’un érable japonais nain, il a été planté voilà une dizaine d’années et il ne dépasse pas les deux mètres de hauteur environ.

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Son feuillage vu de près est incroyable et vaut toutes les floraisons.  Un sol bien drainé est indispensable pour sa survie.  Il peut voir son feuillage attaqué au printemps par les pucerons; dans ce cas, je passe un coup de jet d’eau puissant sur les branches et on n’en parle plus.

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Les bruyères, Erica darleynsis ‘White Perfection’, débordent de leur place assignée.  Depuis l’an dernier, je les laisse doucement envahir le bord des pavés par endroits et elles ont l’air d’apprécier ce sentiment de semi-liberté.  Elles sont couvertes de boutons floraux, le spectacle sera bien au rendez-vous cet hiver !

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Je crois n’avoir jamais parlé de cette petite merveille, plantée au jardin depuis l’an dernier.  Il s’agit de Daphne transatlantica ‘Eternal Fragrance’.  On le croise de plus en plus en pépinière, tant il a du succès.  Feuillage persistant à la forme élégante assurant une belle structure durant l’hiver, une floraison légère, mais ininterrompue de mai jusqu’en automne (la photo a été prise hier samedi) et des fleurs parfumées.  Pas de taille nécessaire, bref que des atouts pour ce bel arbuste, qui je pense doit être planté à un endroit de passage pour pouvoir en profiter au maximum.

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C’est bien sûr en ce moment l’heure de gloire des asters. On les voit absolument partout.  Je n’en ai pas trop au jardin, juste à quelques endroits pour rehausser certains massifs.

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Les achats d’arbustes et autres végétaux et leur plantation au jardin se poursuivent inlassablement chaque semaine.  Voici un élu de la dernière fournée : Zenobia pulverulenta ‘Blue Sky’, dont il faut quand même dire quelques mots. Sa floraison sous forme de petites clochettes blanches a lieu de mai à juillet, ce qui lui vaut son surnom de muguet en arbre.  Son feuillage est recouvert d’une pruine bleutée et est semi-persistant. Il a l’air délicat et pourtant, on dit qu’il résiste à -20 degrés sans problèmes.  Je l’ai planté juste à l’arrière du rosier ‘Bonica’, formant ainsi une association plutôt romantique.  A planter en sol acide, frais et drainé et impérativement à la mi-ombre.  Il paraît que ses couleurs automnales sont très jolies également, on verra dès lors cela d’ici peu.

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Une autre plantation à épingler en ce moment, certes moins romantique mais plus zen à mes yeux, est celle du Chamaecyparis obtusa ‘Teddy Bear’.   Je ne comprends pas la raison de la dénomination de ce cultivar car sa particularité n’a rien à voir avec les ours en peluche ! Je l’ai croisé par le plus grand des hasards en pépinière et j’ai eu un coup de cœur pour sa ramure fine, légèrement tordue et qui rappelle étrangement les frondes des fougères. Il craint quelque peu la sécheresse du sol; je vais donc devoir veiller à des arrosages réguliers durant ses premières années. Il atteindra plus de deux mètres de hauteur et je pense que ses branches devront être taillées à un moment, tout en douceur, pour préserver la spécificité de sa ramure.  Mais nous n’y sommes pas encore, patience !

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Le jardin peut parfois être comme l’ambre qui emprisonne le temps.  Le souvenir d’une plantation… Le jardin est un véhicule de la nostalgie, une pâtisserie de la vie.